Le capitalisme transphobe tue !
Depuis 1999, nous cĂ©lĂ©brons Ă l'internationale chaque 20 novembre le Transgender Day Of Rememberance (T-DOR) en hommage Ă tous nos frĂšres et toutes nos sĆurs mortes de la transphobie. Encore aujourd'hui, les personnes trans connaissent des conditions de vie tellement prĂ©carisĂ©es qu'elles aboutissent malheureusement Ă la mort.
Depuis 1999, nous cĂ©lĂ©brons Ă l'internationale chaque 20 novembre le Transgender Day Of Rememberance (T-DOR) en hommage Ă tous nos frĂšres et toutes nos sĆurs mortes de la transphobie.
Encore aujourd'hui, les personnes trans connaissent des conditions de vie tellement prĂ©carisĂ©es qu'elles aboutissent malheureusement Ă la mort. Chaque annĂ©e, nous exprimons notre dĂ©gout Ă l'Ă©gard du capitalisme. Que ce soit les assassinats ou les suicides, nos mort.e.s ne sont pas des accidents ou des cas marginaux. Mais au contraire, tout relĂšve d'un processus continu de prĂ©carisation de nos conditions de vie, d'exclusion du salariat, des hĂŽpitaux et de tant d'institutions.Â
La transphobie tue. Car elle prive les personnes trans d'une vie dĂ©cente. La transphobie tue parce qu'elle isole, et nous empĂȘche d'accĂ©der aux soins, de manger et de se loger correctement.
Et nous le rappelons, nos mort.e.s sont politiques. Nous ne savons à peine mesurer l'ampleur de nos mort.e.s à cause la police et de la justice qui mégenre les personnes décédées aprÚs leur mort. Quand on est trans, on meurt deux fois. Une fois assassiné.e, poussé.e à bout d'une société transphobe. Et puis une deuxiÚme fois, par le manque de justice.
Dans la grande majoritĂ© des cas, ces meurtres concernent des femmes, souvent travailleuses du sexe, migrantes et racisĂ©es. Comme tous les fĂ©minicides, ils se dĂ©roulent dans une grande violence, dans l'absence de poursuites pĂ©nales, dans un appartement, ou dans l'espace public, mais surtout dans un silence qui nous empĂȘche de faire notre deuil sereinement.
Dans un contexte de montĂ©e de l'extrĂȘme-droite, sa frange LGBTI-phobe, déçue d'avoir perdu sur la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels, se mobilise pour rĂ©tablir les thĂ©rapies de conversion. L'Observatoire de la Petite SirĂšne et Ypomoni parle d'une "Ă©pidĂ©mie de transgenres", mais nous parlons d'une Ă©pidĂ©mie de transphobie.
ArrĂȘtons l'ignorance de la rĂ©alitĂ© sociale, disons haut et fort notre projet de sociĂ©tĂ©, profondĂ©ment rĂ©volutionnaire. Le T-DOR n'est pas qu'une commĂ©moration, c'est Ă©galement un jour de lutte. Dans les annĂ©es 2000, cette date Ă©tait accompagnĂ©e de nombreuses actions qui visaient les caisses d'assurance maladie ou les hĂŽpitaux. Face Ă toutes ces offensives transphobes, notre prioritĂ© est d'acquĂ©rir l'autonomie de nos vies, des emplois et des logements stables, une augmentation de nos revenus, qu'ils proviennent du salariat ou des minimaux sociaux. Pour cela, nous rappelons notre volontĂ© de rupture avec le capitalisme. Ce ne sera pas avec un rĂ©-arrangement de la sociĂ©tĂ© que nous pourrons continuer Ă vivre sereinement. Notre Ă©mancipation ne pourra venir que de la rupture avec ce systĂšme.
Face à tout cela, nous devons lutter ensemble et participer massivement aux nombreux rassemblements dans le monde prévus le 20 novembre et honorer la mémoire de nos proches.
Collectif les inverti·e·s le 17 novembre 2022